Dès l’entrée chaude, j’ai remarqué que son pouce gauche traînait dans les aliments. Personne ne l’avait vu, sauf moi. Comme c’était mon frère, je n’ai rien dit.

Ensuite, nous avons commandé un lapin chasseur avec des petits légumes. Même scène : le pouce de Roger baignait dans la sauce, puis se retrouvait carrément recouvert de légumes. Là encore, personne ne s’en est aperçu.
Je l’ai quand même pris à part :
– Écoute, Roger, tu as beau être mon frangin, ce n’est pas normal que tu mettes ton pouce dans tous les plats que tu nous sers.

Il m’a répondu :
– Philippe, je souffre d’un panaris au pouce, et le médecin m’a conseillé de le garder au chaud.
J’ai alors dit :
– Ben, Roger, ton pouce, si tu dois le garder au chaud, tu n’as qu’à te le mettre dans le c*l.
Avec un large rire, mon frère m’a répondu :
– Mais que crois-tu que je fais entre deux plats ?
