– De l’eau ! gémit-il.
– Vous avez de l’eau ? répète le mourant.
– Pas du tout. Pourquoi j’aurais de l’eau ? Moi, je suis marchand de cravates. Vous voulez m’en acheter une ? Regardez : j’en ai en soie, en laine, à pois, écossaises, avec petite pochette… très chic !
– Je me fiche de vos cravates, je veux de l’eau !
– Désolé, je vends des cravates.
Et le nomade s’en va.

Le pauvre homme continue à marcher, à bout de forces. Un deuxième nomade passe par là.
– De l’eau ! Par pitié !
– J’en ai pas, mais j’ai des cravates : unies, rayées, à motifs…
– Vous me fatiguez avec vos cravates ! Je veux de l’eau !

Il marche encore, encore… Au bout de deux jours, que voit-il en plein désert ? Un bar ! Un grand établissement. Il se précipite à l’entrée, et le maître d’hôtel lui dit :
– Non monsieur, je regrette… Ici, on ne rentre pas sans cravate !
